L’ANSES a publié le 30 Novembre 2017 un avis concernant le risque pour le consommateur relatif à la consommation de compléments alimentaires à base de spiruline.
49 signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de ce type de complément ont été collectés dans le cadre du dispositif nation de Nutrivigilance.
La spiruline est une cyanobactérie du genre Arthrospira. Elle se développe à la surface de l’eau et croît de façon naturelle dans des eaux douces et chaudes (25 °C), alcalines (pH 8-11,5), riches en carbonates et bicarbonates mais également en nitrates, phosphates et fer.
Elle est utilisée sous forme de compléments alimentaires, comme colorant mais également dans l’alimentation animale.
La spiruline est considérée comme une denrée alimentaire soumise au règlement (CE) N° 396/2005 concernant les limites maximales applicables aux résidus de pesticides.
Trois espèces de spiruline sont autorisées dans les compléments alimentaires dans le cadre de l’arrêté du 24 juin 2014:
Spirulina major
Spirulina maxima
Spirulina platensis
La spiruline est produite de façon industrielle depuis les années 1980 et depuis les années 2000, elle est produite par photobioréacteur.
En France, elle est vendue sous forme de poudre ou de compléments alimentaires avec un apport de 0,25 à 5 g de spiruline par jour.

La spiruline est susceptibles de contenir différents contaminants: des cyanobactéries d’autres genres et leurs toxines, des métaux lourds et d’autres espèces bactériennes.

Cyanotoxines:

Elles sont produites par plusieurs genres de cyanobactéries et sont classées en trois catégories: les hépathotoxines (microcystines), les neurotoxines (anatoxines, saxitoxines et BMMA) et les dermatotoxines.

Cyanobactéries productrices de cyanotoxines:

Plusieurs publications ont rapporté la présence de cyanobactéries toxiques (Anabaena sp., Anabaenopsis sp.,Phormidium sp., Oscillatoria sp., Synechococcus sp.), associées à la présence de cyanotoxines (anatoxine-A, microcystines).

Autres bactéries (hors cyanobactéries):

Les conditions de production de spiruline à un pH d’environ 10 réduisent le développement des microorganismes pathogènes (Listeria, salmonelles, coliformes…).
Cependant, lors de la récolte, du lavage, du séchage, du stockage, ou encore du conditionnement et en fonction des pratiques d’hygiène et l’eau utilisée, une contamination peut avoir lieu.

Contamination par des éléments traces métalliques:

La teneur en métaux dans la spiruline est directement liée à la qualité des eaux.
L’ensemble des études montre généralement des teneurs en métaux acceptables mais certaines analyses ont également mises en évidence des teneurs dépassant les limites fixées dans la règlementation UE sur les compléments alimentaires.

La majorité des produits contenant exclusivement de la spiruline (Arthrospira spp.) ne présente pas de niveau préoccupant de cyanotoxines, cependant, les données disponibles dans la littérature ne permettent pas d’exclure la production de microcystines hépatotoxiques par Arthrospira spp. et une contamination par d’autres cyanobactéries productrices de cyanotoxines.
Les contaminations bactériennes bien que rares dans les produits finis, existent lors de la manipulation du produit.
Des quantités en métaux à des concentrations dépassant les limites UE ou les spécifications de l’USP dietary supplements compendium ont été identifiées dans des échantillons commerciaux de spiruline.

Le Comité d’Experts a conclu qu’étant donné les risque de contamination par les métaux et les cyanobactéries, il est important de s’assurer de la qualité des eaux de production, de la sélection de l’inoculum et de la maitrise des différentes étapes de la production.
Il recommande également la mise en place d’un seuil en microcystines dans les compléments alimentaires contenant de la spiruline.

Sachez que votre laboratoire Phytocontrol est en mesure de réaliser l’analyse des ETM dans la spiruline et compléments alimentaires à base de spiruline ainsi que des analyses de qualité de l’eau sous accréditation COFRAC, les paramètres concernés sont consultables via nos annexes techniques COFRAC N°1-1904 et N°1-6066 disponibles dans votre espace client ou sur le site internet du COFRAC.

Vous trouverez ci-joint le lien vers l’intégralité de cet Avis de l’ANSES: Avis de l’ANSES Spiruline