Les huiles minérales (MOH) sont des mélanges complexes issus du pétrole brut. Elles sont constituées d’hydrocarbures saturés d’huile minérale (MOSH) et d’hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH).

Les huiles minérales peuvent se retrouver dans les aliments à différentes étapes de la production alimentaire de manière intentionnelle (additifs alimentaires et pesticides) ou non (lubrifiants, produits de nettoyage…)

Les encres d’impression, les colles, les additifs et auxiliaires technologiques des emballages en papiers, en cartons, en plastique mais aussi dans les sacs en toile de jute et de sisal contiennent des MOH. Le carton et les emballages, particulièrement ceux fabriqués à base de papier recyclé, restent toutefois l’une des principales sources de migration des huiles minérales dans les aliments.

L’EFSA a considéré l’exposition aux MOSH comme préoccupante et l’exposition aux MOAH comme particulièrement préoccupante.

Cet avis de l’ANSES reprend les grandes lignes du rapport de l’EFSA publié en 2012. Il cite aussi les teneurs maximales proposées dans le 3eme projet de la 22eme Ordonnance allemande en précisant que ces limites ne sont pas en vigueur et que le BfR travaille actuellement sur une 4eme version de sa 22eme Ordonnance.

L’ANSES recommande de :

–          Valider les méthodes analytiques existantes (mise en place d’essais inter-laboratoires)

–          Mieux caractériser la composition chimique des MOH en adoptant des stratégies analytiques plus sélectives (GCxGC, spectrométrie de masse multidimensionnelle ou haute résolution)

–          Disposer de données supplémentaires sur la contamination des denrées alimentaires par les MOH provenant des emballages en papiers et cartons recyclés (données sur denrées grasses directement en contact avec les emballages en cartons et papiers recyclés, dosage des MOH dans les emballages en papiers et cartons recyclés)

–          Mener des études supplémentaires sur la toxicité des MOH (potentiel de bioaccumulation des MOSH chez le rat (Barp et al. 2017) et caractère génotoxique et mutagène de certains MOAH). Les comités d’expert estiment qu’il est nécessaire en priorité de réduire la contamination des denrées alimentaires par les MOAH.

–          Limiter l’exposition du consommateur aux MOH et plus particulièrement aux MOAH et propose de :

Ø  Utiliser des encres d’impression, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procédé de fabrication des emballages en papier et carton.

Ø  Limiter la teneur en MOAH dans les fibres recyclées (magazines, journaux et autres papiers graphiques principales sources de MOAH)

Ø  Conduire des études pour identifier au cours du procédé de recyclage les étapes de la contamination en MOH (tri, fabrication de la pâte à papier etc.).

Ø  Utiliser des « matériaux barrières » permettant de limiter la migration des MOH de l’emballage vers les aliments. De nombreuses études ont été menées, les résultats ont montré une bonne efficacité comme barrière à la migration des MOH pour les sachets en polypropylène bi-orienté (BOPP) et en polypropylène revêtu d’une couche d’acrylate (pour les denrées sèches, stockage long, température ambiante), pour les sachets constitués d’une double couche de polyéthylène et de poly(téréphtalate d’éthylène) (aucune migration n’a été observée au-delà de la LD), pour l’application de divers revêtements (PET, acrylate, polyamide etc.) directement sur les emballages en papiers et cartons. D’autres barrières sont en cours d’étude ou ont été évoquées : barrière à base d’amidon, intégration du charbon actif agissant comme absorbant dans l’emballage.

 

Nous vous invitions à consulter cet avis directement sur le site de l’ANSES vers le lien suivant : https://www.anses.fr/fr/system/files/ESPA2015SA0070.pdf

 

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