Le bilan des plans de surveillance et de contrôle de la DGAL sur l’année 2016 a été publié au bulletin officiel du ministère chargé de l’agriculture le 28 Septembre 2017.
Pour rappel, les plans de surveillance (PS) ont pour objectif d’estimer le niveau global de contamination de la production surveillée par prélèvements aléatoires et les plans de contrôle (PC) ont pour objectif de cibler des denrées présentant un risqu accru de contamination.En 2016, 59 949 prélèvements ont été effectués dont 58753 prélevés sur le territoire national et 1196 prélevés à l’importation.

Ci-dessous les contaminants recherchés:

Famille de contaminants  Analytes
Promoteurs de croissance Stilbènes, stéroïdes, thyréostatiques, bêta-agonistes
Contaminants biologiques  Escherichia coli dont producteur de shigatoxines (STEC), Salmonella spp., Listeria monocytognenes, histamine
Éléments traces métalliques Plomb, cadmium, mercure ainsi que nickel et arsenic dans le lait
Médicaments vétérinaires Anti-inflammatoires non stéroïdiens, glucocorticoïdes, antibiotiques, anticoccidiens, tranquillisants, anthelminthiques, colorants, carbamates, pyréthroïdes
Mycotoxines Alfatoxine B1, alfatoxine M1, ochratoxine, zéaralénone, tricothécènes A et B, fumonisines B1 et B2
Phycotoxines  Toxines ASP, toxines lipophiles, toxines PSP
Polluants organiques persistants PCB, dioxines, HAP, RFB
Produits phytopharmaceutiques Toutes substances actives y compris les substances actives interdites
Radionucléides  Césiums 134 et 137
Substances interdites Nitrites, mélamines, protéines animales transformées (interdites), chloramphénicol, nitroïmidazoles, nitrofuranes, fluor, colorants

BILAN POUR LES PRODUITS PHYTOPHARMACEUTIQUES:

Concernant les résidus de pesticides, les taux de non-conformité à savoir détection de substances actives non autorisées et/ou dépassement de LMR restent élevés.
Pour le plan de surveillance, le taux de non-conformité est de 5,8 % (3,8 % en 2015) et pour le plan de contrôle de 7,2 % (7,6% en 2015) dont 3,83 % de non-conformité en métropole et 18,10 % dans les DOM.

Parmi les prélèvements originaires de métropole, les substances ayant entrainées des non conformités sont:
– le Chlorpyrifos présent sur des cultures pour lesquelles la substance n’est pas autorisée (céleri-rave, pêche, pomme, poireau, cerise) et dépassement de la LMR sur poireau et raisin
– le Flonicamide détecté sur des cultures pour lesquelles la substance n’est pas autorisée (poivron, fraise) et également un dépassement de la LMR sur aubergine
– la Tefluthrine sur carottes

Parmi les prélèvements originaires des DOM, les substances ayant entrainées des non conformités sont:
– le Dimethoate. Sur 14 prélèvements (1 laitue et 13 tomates), la LMR a été dépassée pour 10 prélèvements de tomate originaires de Mayotte, un risque aigu pour le consommateur est mis en évidence dans 9 cas. Pour rappel, l’ANSES a retiré toutes les AMM de cette substance le 1er février 2016 en pointant des « risques inacceptables » pour le consommateur, les opérateurs ainsi que pour les oiseaux et les mammifères.
– l’Azoxystrobine en dépassement de LMR sur du cresson originaire de Mayotte
– l’Hexaconazole en dépassement de LMR sur 3 prélèvements d’épinards origine Mayotte. Pour rappel, l’Hexaconazole est une substance interdite en Europe.
– l’Ethéphon en dépassement sur 4 prélèvements de banane originaires de Guyane. D’autre part, cette substance n’est pas autorisée sur banane.
– la Cyhalothrine avec dépassement de LMR sur ananas origine Guyane (la Cyhalothrine est interdite en Europe) et la présence de Lambda-cyhalothrine, Pirimicarbe, Cyperméthrine et Imidaclopride non autorisées pour la culture ananas origine Guyane.

Concernant les prélèvements pour lesquels une substance active non autorisée pour l’usage a été relevée, un rattachement vis-à-vis d’une pollution environnementale a pu être mis en évidence.
– la Dieldrine (4 courgettes et 1 melon), cette substance est identifiée comme un composé organochloré persistant (POP) par la directive 79/117/CE et interdite en France depuis 1972.
– le Boscalid (1 épinard), cette substance est identifiée pour sa rémanence assez longue pour expliquer des pollutions de rotation
– le Prosulfocarbe (1 brocolis et 1 navet), ces détections ont fait l’objet d’un signalement à l’ANSES dans le cadre de la phytopharmacovigilance en juin 2016, une enquête est en cours .

Afin d’avoir accès à tous les bilans complets par contaminant et type de matrice, vous trouverez ci-dessous le lien vers l’intégralité du document:

Bilan-2016-DGAL