L’EFSA vient de publier son rapport annuel concernant les résidus de pesticides dans l’alimentation sur l’année 2010.
Le rapport présente les résultats des contrôles effectués sur l’année 2010 dans les 27 Etats membres et deux pays de l’AELE (Association Européenne de Libre Echange): l’Islande et la Norvège.
C’est un peu plus de 77000 échantillons représentant plus de 500 types d’aliments différents qui ont été analysés pour rechercher les résidus de pesticides par les autorités compétentes nationales.
Dans chaque pays européen et conformément à la règlementation, deux types de programme de contrôle sont mis en place: un contrôle au niveau national (géré par chaque pays) et un programme coordonné par l’Union Europénne pour lequel des contrôles spécifiques sont exigés.

Selon le programme coordonné par l’UE, 178 pesticides ont été analysés en 2010: 157 sur les matrices végétales et 34 sur matrices animales. Le programme européen a établi des contrôle sur les matrices suivantes: pommes, choux pommés, poireaux, laitues, lait, pêches, poires, avoine, seigle, fraises, viande porcine et tomates.
Sur les 12168 échantillons prélevés et analysés à travers l’UE, 1,6% des échantillons se sont révélés non conformes à la règlementation européenne (Teneur en pesticide > LMR), 47,7% des échantillons présentaient des teneurs inférieures aux LMRs et 50,7% étaient exempt de pesticides mesurables.
143 pesticides ont été détectés sur les 178 recherchés et 73 ont présenté des dépassements de LMR.
Les plus hauts pourcentages d’échantillons dépassant la LMR ont été identifiés pour l’avoine (5,3%), suivie de la laitue (3,4%), fraises (2,8%), les pêches (1,8%), les pommes (1,3%), les poires (1,3%), les tomates (1,2%), les poireaux (1,0%), les choux (0,9%) et le seigle (0,3%). Dans les produits d’origine animale (lait et viande porcine) aucun dépassement de la LMR n’a été identifié.
Les couples pesticides/matrices pour lesquels des dépassements de LMR ont été le plus souvent observés sont: le chlorméquat sur avoine, les dithiocarbamates sur choux pommés et dithiocarbamates sur poireaux, amitraze dans les poires et ion bromure sur laitue.

En ce qui concerne les plans de contrôle nationaux réalisés en 2010, 97,2% des échantillons analysés se sont révélés conformes à la règlementation européenne (<LMR), soit 2,8% des échantillons non conformes (>LMR).
Les principaux dépassements de LMR ont été détectés sur les légumineuses (haricots non écossés, par exemple), les épices, les noix, les raisins de table et de cuve, les légumes feuilles (laitue par exemple) et des herbes fraîches.
Les couples pesticide/matrice présentant le plus fréquemment des dépassements de LMRs sont : l’acétamipride et le diméthomorphe sur choux et broccoli, chlorméquat sur raisins de table, Diméthoate sur petits pois, ion bromure sur chataigne et noix, pyridaben et fipronil sur choux, carbendazim sur litchis et ignames et isoprothiolane sur riz.
Echantillons BABYFOOD: 1828 échantillons ont été analysés, 2% des échantillons présentaient des teneurs supérieurs aux LMRs (0.01mg/kg par défault sauf pour les pesticides cités dans le règlement UE 2006/141 qui dispose de LMR plus faibles). Les dépassements de LMR étaient liés aux résidus de captane,l’anthraquinone, la cyperméthrine (somme), le chlorpyrifos, imazalil et pirimiphos-méthyl.

Echantillons BIO: 3571 échantillons bio ont été analysés. Au niveau Européen aucune LMR n’est définie pour les produits d’origine biologique, de ce fait il a été utilisé dans cette étude les LMRs conventionnelles afin de faire un état des lieux.
Pour les fruits et noix bio un pourcentage faible de dépassement de LMR a été déterminé (0,9%) en comparaison au pourcentage de dépassement sur les fruits et noix conventionnels (2,9%).
Pour les légumes bio il s’agit de 1% de dépassement contre 3,8% pour les légumes conventionnels.
131 substances différentes ont été détectées dans les produits biologiques.

Produits transformés: 14146 échantillons ont été analysés, 1,1% des échantillons ont présenté des dépassements de LMR.

Les résultats du programme coordonné par l’UE ont été utilisés de façon à évaluer l’exposition alimentaire.
L’évaluation de l’exposition à long terme, qui a été réalisée pour chaque matière active, n’a montré aucun risque pour la santé des consommateurs. L’évaluation à court terme a porté sur les 12 produits alimentaires du programme coordonné par l’UE et a indiqué que, dans le scénario le plus pessimiste, un risque ne pouvait être exclu pour 79 des 18 243 échantillons.
Nous vous invitons à consulter le rapport de cette étude directement sur le site de l’efsa à l’adresse suivante:

http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/doc/3130.pdf